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Quand le printemps arrive trop tôt : ce que le gel fait vraiment aux arbres fruitiers

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Mars en fleurs, avril en glace : un scénario qui se répète

Ces dernières années, un même scénario s’est joué dans de nombreux vergers français. Les températures douces de mars ont réveillé les arbres bien plus tôt que d’habitude : bourgeons gonflés, fleurs épanouies, premiers fruits en formation. Puis avril a tout remis en question avec des nuits glaciales qui ont brûlé les ramures, particulièrement dans le sud-est de la France.

Ce phénomène a un nom : le faux printemps. Et selon une récente étude de l’INRAE, ses effets vont bien au-delà de la simple perte de récolte annuelle.

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Béatrice Wenden, spécialiste de l’adaptation des arbres fruitiers au changement climatique à l’INRAE de Bordeaux, résume bien le paradoxe en jeu. Avec le réchauffement, la végétation repart plus vite au printemps, mais les risques de gel tardif, eux, ne reculent pas au même rythme. Les gels d’avril restent fréquents dans une grande partie du territoire français.

Or, un bourgeon ouvert ou une fleur épanouie ne supporte pas des températures inférieures à -2 ou -3 °C. Pêchers, abricotiers, cerisiers, pruniers et noyers en font tous les frais. Mais ce que l’INRAE vient de mettre en lumière, c’est que le froid ne détruit pas seulement la floraison : il remodèle durablement la charpente même de l’arbre.

Une expérience inédite sur des noyers à Clermont-Ferrand

Pour observer ces mécanismes de l’intérieur, Nicolas Dusart, Guillaume Charrier et Félix Hartmann ont conduit une expérience originale sur des noyers, de février à août. Certaines branches ont été artificiellement réchauffées de 7 °C au-dessus de la température extérieure pour simuler un hiver doux, puis soumises à un gel brutal de -5 °C au moment précis du débourrement.

Les chercheurs ont mesuré la croissance des branches, filmé l’évolution des bourgeons et analysé leur teneur en sucre, une réserve essentielle à leur résistance au froid. Résultat : les branches chauffées bourgeonnent en moyenne dix jours plus tôt que les autres. Mais ces bourgeons précoces sont aussi les premiers détruits par le gel, là où les branches non chauffées résistent mieux.

Plus préoccupant encore, les dégâts cellulaires touchent environ un tiers de chaque branche exposée. Seuls les bourgeons situés à la base parviennent à repartir. C’est l’architecture naturelle de l’arbre qui s’en trouve modifiée, avec une partie de la ramure rendue inutile, comme amputée.

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Face à ce constat, les scientifiques et les arboriculteurs cherchent des réponses concrètes. L’une des pistes les plus accessibles concerne la taille des arbres. En adaptant les techniques de taille pour anticiper la perte des extrémités de branches, les producteurs pourraient mieux préserver la productivité de leurs vergers sur le long terme.

Béatrice Wenden coordonne avec l’écophysiologiste Guillaume Charrier un réseau de vergers observatoires qui cartographie les zones les plus exposées aux gels critiques, notamment pour les cerisiers. L’objectif est d’identifier précisément où et quand le risque est le plus fort.

D’autres pistes d’adaptation émergent également. Sélectionner des variétés moins précoces, dont la floraison coïncide moins avec les épisodes de gel, constitue une voie prometteuse. Déplacer certaines productions vers des régions plus au nord ou à des altitudes moins exposées aux redoux trompeurs représente une autre option que les chercheurs prennent sérieusement en compte pour l’avenir de l’arboriculture française.

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