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Pourquoi enterrer une brique au potager peut sauver vos plants pendant les grosses chaleurs

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Depuis quelques semaines, une méthode inhabituelle fait le tour des réseaux sociaux et des clubs de jardinage : l’enterrement de briques dans les potagers pour protéger les plantes lors des vagues de chaleur extrême. Alors que la France connaît des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, avec des températures dépassant régulièrement 35°C selon Météo-France, cette pratique suscite à la fois de la curiosité et des interrogations parmi les jardiniers amateurs et professionnels.

La technique consiste à enterrer des briques creuses à proximité des plants, dans l’idée qu’elles agiraient comme des réservoirs d’eau souterrains. Lors des arrosages ou des pluies, ces briques absorberaient l’eau pour la restituer progressivement aux racines lorsque le sol s’assèche. Cette approche low-tech, sans coût significatif puisqu’elle utilise des matériaux de récupération, s’inscrit dans une tendance plus large de jardinage résilient face au dérèglement climatique.

Selon les premiers retours d’expérience partagés sur les forums de jardinage, cette méthode permettrait de réduire la fréquence des arrosages jusqu’à 40% pendant les périodes de forte chaleur. Dans un contexte où de nombreuses régions françaises font face à des restrictions d’eau en été, comme c’est le cas dans le sud-est depuis le début du mois de juin 2025, cette économie d’eau prend une importance considérable pour les jardiniers soucieux de préserver leurs cultures tout en respectant les consignes de restriction.

Le principe scientifique derrière cette méthode

Le fonctionnement de cette technique repose sur deux phénomènes physiques bien connus en horticulture : la capillarité et la porosité des matériaux. Les briques, particulièrement celles fabriquées en terre cuite non émaillée, possèdent une structure poreuse qui leur permet d’absorber et de retenir l’eau. Lorsqu’elles sont enterrées à proximité des racines, elles créent un micro-réservoir qui diffuse l’humidité progressivement vers la zone racinaire grâce aux forces capillaires.

Les racines des plantes suivent naturellement l’humidité, ce qui explique pourquoi certaines espèces développent des systèmes racinaires profonds dans les sols sableux. En créant ces points d’humidité souterrains, les briques incitent les racines à s’y diriger, permettant ainsi aux plantes d’accéder à l’eau même lorsque la surface du sol est sèche. Cette approche s’apparente aux techniques de sub-irrigation utilisées dans l’agriculture moderne, mais avec des matériaux beaucoup plus simples et accessibles.

Les tests réalisés par des jardiniers expérimentaux montrent que la température du sol autour des briques enterrées peut être inférieure de 3 à 5°C par rapport aux zones non équipées. Ce différentiel de température est crucial pour la survie des cultures pendant les canicules, car un sol trop chaud entrave l’absorption de l’eau par les racines et peut provoquer un stress hydrique même lorsque l’eau est présente.

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Les fondements réels de cette pratique

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Si cette méthode peut sembler anecdotique, elle s’inscrit en réalité dans des pratiques ancestrales de gestion de l’eau dans l’agriculture. Les anciennes civilisations, comme celles du Proche-Orient ou de Mésopotamie, utilisaient déjà des techniques similaires avec des poteries poreuses enterrées pour irriguer leurs cultures en période de sécheresse. Ces systèmes, appelés « ollas », fonctionnent sur le même principe que les briques enterrées : ils libèrent l’eau progressivement en fonction des besoins des plantes.

Des études récentes menées par l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) confirment que les méthodes de stockage d’eau souterrain permettent effectivement de réduire l’évaporation et d’optimiser l’utilisation de l’eau par les plantes. Cependant, les chercheurs précisent que l’efficacité dépend fortement du type de sol, de la variété des plantes cultivées et de la profondeur à laquelle les matériaux sont enterrés.

Pour les sols argileux, par exemple, l’enterrement de briques peut être moins efficace car l’argile retient naturellement l’eau. En revanche, pour les sols sableux ou limoneux, qui s’assèchent rapidement, cette technique montre des résultats plus probants. Les légumes à racines profondes comme les tomates, les poivrons ou les courgettes semblent particulièrement bénéficier de ce système, tandis que les cultures superficielles comme la laitue ou les épinards en tirent moins d’avantages.

L’expérience d’un maraîcher confirmé

Jean-Luc Moreau, maraîcher bio dans le Lot-et-Garonne depuis plus de vingt ans, a testé cette méthode sur une partie de son potager cette année. « Au début, j’étais sceptique », confie-t-il, « mais face à la sécheresse précoce que nous avons connue en mai et juin, j’ai décidé de tenter l’expérience sur une parcelle de 50 m². » Son protocole était simple : il a enterré des briques creuses à environ 20 cm de profondeur, espacées de 50 cm autour de ses plants de tomates et de concombres.

« Les résultats ont été surprenants », poursuit-il. « Sur la parcelle équipée de briques, j’ai pu espacer mes arrosages de deux jours, passant de trois à un seul arrosage par semaine pendant les pics de chaleur. Les plants étaient nettement moins stressés, avec moins de feuilles qui jaunissaient ou se recroquevillaient. » Il précise toutefois que cette méthode ne dispense pas d’un arrosage régulier, mais qu’elle permet de mieux gérer les ressources en eau, particulièrement précieuse en cette période de restrictions.

Le maraîcher souligne également un avantage inattendu : « Les briques enterrées semblent stabiliser la température du sol, ce qui est bénéfique pour la microfaune du sol. J’ai observé plus de vers de terre autour des briques, ce qui améliore naturellement la structure du sol. »

Des alternatives éprouvées pour lutter contre la sécheresse

Si l’enterrement de briques présente des avantages intéressants, il ne constitue qu’une solution parmi d’autres dans la gestion du potager en période de canicule. Les jardiniers souhaitant protéger leurs cultures disposent en réalité d’un éventail de techniques éprouvées, souvent plus efficaces lorsqu’elles sont combinées.

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L’arrosage reste l’élément central de la survie des plantes en période de forte chaleur, mais sa gestion doit être optimisée. Arroser tôt le matin ou en fin de journée permet de réduire l’évaporation et d’augmenter l’efficacité de chaque litre d’eau utilisé. Les systèmes d’arrosage goutte à goutte, bien que nécessitant un investissement initial, permettent d’apporter l’eau directement à la zone racinaire avec un gaspillage minimal.

L’eau de pluie récupérée dans des cuves comme celles mentionnées dans les catalogues de jardinage présente l’avantage d’être plus douce pour les plantes que l’eau du robinet, souvent calcaire. Une cuve de 4000 litres, comme celles commercialisées par de nombreux enseignes de bricolage, peut fournir suffisamment d’eau pour arroser un potager familial pendant plusieurs semaines en période sèche.

Il est également recommandé d’arroser profondément mais moins fréquemment, ce qui encourage le développement de racines profondes capables d’aller chercher l’humidité plus bas dans le sol. Les plants ainsi habitués à puiser l’eau en profondeur résistent mieux aux périodes de sécheresse.

Les paillis : une protection naturelle essentielle

Le paillage constitue probablement la méthode la plus efficace et la plus accessible pour protéger un potager en période de canicule. En recouvrant le sol d’une couche de 5 à 10 cm de matière organique (paille, tonte de gazon, feuilles mortes), on réduit l’évaporation de l’eau du sol de 50 à 70%, selon les données de l’Inrae. Le paillis atténue également les variations de température du sol et limite le développement des adventices qui concurrencent les cultures pour l’eau.

Les jardiniers expérimentés recommandent d’appliquer le paillis après avoir bien arrosé le sol, afin de « verrouiller » l’humidité présente. Il est préférable d’utiliser des matériaux locaux et de saison : la paille en été, les feuilles mortes en automne, les tontes de gazon en été (après avoir vérifié qu’aucun traitement herbicide n’a été appliqué sur la pelouse).

Le choix des plantes adaptées au climat local est également crucial. Privilégier les variétés traditionnelles locales, sélectionnées depuis des générations pour résister aux conditions climatiques de la région, offre souvent de meilleurs résultats que les variétés exotiques plus sensibles à la sécheresse.

L’adaptation des cultures au changement climatique

Face à l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur, les jardiniers doivent repenser leurs pratiques pour adapter leurs potagers à ce nouveau contexte climatique. Cette adaptation passe par une meilleure compréhension des besoins spécifiques de chaque plante et par l’adoption de méthodes culturales plus résilientes.

La création de microclimats protecteurs, par exemple en utilisant des haies brise-vent ou en installant des ombrages temporaires au-dessus des cultures les plus sensibles, peut faire une différence significative pendant les pics de chaleur. Certaines plantes, comme le jasmin étoilé mentionné dans plusieurs guides de jardinage, peuvent également servir de protection naturelle tout en embellissant l’espace cultivé.

L’avenir du jardinage en période de canicule réside dans une approche intégrée qui combine plusieurs techniques complémentaires : choix judicieux des espèces, gestion optimisée de l’eau, protection du sol et adaptation des calendriers culturaux. Comme le souligne Thierry Guilabert, écrivain et observateur attentif des changements climatiques, « on voulait limiter le réchauffement à un degré et demi, ce sera quatre finalement », ce qui impose de repenser en profondeur nos pratiques de culture.

En conclusion, si l’enterrement de briques dans le potager n’est pas une solution miracle, il s’inscrit dans une démarche plus large de gestion intelligente de l’eau et de protection des cultures face aux aléas climatiques. Combinée à d’autres méthodes éprouvées comme le paillage et l’arrosage ciblé, cette technique simple et peu coûteuse peut effectivement contribuer à sauver vos plants pendant les grosses chaleurs, tout en participant à une utilisation plus responsable de cette ressource précieuse qu’est l’eau.

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